«ma résurrection, encore»

dans la tête de Roger Federer

Et voilà, c’est reparti les amis, mes kikis, mes cons-cons qui étiez si pressés de m’échanger contre Stan, vous voilà forcés de remettre en jeu l'ancien pion. 

Je redeviens roi devant Rafa et Wawrinka. Et j’ai encore 490 petits points à gagner dans les semaines qui suivent pour atteindre Djokovic, reprendre ma place de numéro un mondial. Facile quand on a ma discipline et ma Mirka. Facile quand on rentre se coucher au lieu de fêter ses victoires, quand on boit des tisanes au lieu d’enchaîner les bières. Facile, même à 33 ans. L’âge de ma résurrection. Elle ne sera pas éternelle, mais je la ferai durer autant que possible.

Ensuite? Ensuite jouer encore, et accepter d’être le numéro deux, trois, dix ou vingt. C’est ce que j’ai trouvé de mieux, pour ­l’instant, comme projet 
d’avenir. Pourquoi faudrait-il atteindre le sommet et tirer sa révérence? Comme si le plaisir n’était que dans le sommet. Comme si le tennis pouvait cesser du jour au lendemain d’être ma vie, simplement parce qu’on ne peut pas rester au top indéfiniment.

Qu’est-ce qu’il me reste si je n’ai plus le tennis, hein? Mirka? Mirka, sans le tennis!? Bien sûr que non. Mirka, machine de guerre, pas rayon de soleil. 
Mirka, mère de nos quatre jumeaux, deux fois deux d’un coup, il faut bien ça, quand on n’a pas le temps de faire l’amour. Mirka, notre mère à tous. Les enfants? Oui, les enfants, bien sûr, mais enfin, ça va un moment, et il faut qu’ils puissent être fiers de leur père, et ils grandissent, et ils vont à l’école, et ce temps-là, je ne vais quand même pas le passer à les attendre. Alors le tennis. Pour former avec Mirka le couple que nous n’arrivons pas à être ailleurs. Le tennis pour mes potes avec qui je n’ai pas le temps de boire un verre, mais il y a nos fous rires, on peut se vanner à la fin des matches, se donner des accolades, s’offrir quelques paroles réconfortantes. Et la pub, grâce au tennis, pour incarner l’élégance, la gentillesse et l’humour, la Swiss attitude à la Federer. Pour être la fierté de mon pays. Pour que nos politiciens me remercient de donner de nous une glorieuse image. Pour faire rigoler les amis et rendre jaloux les autres. Faire fantasmer celles et ceux que je n’ai pas le temps d’aimer, ni même de regarder. Parfois, je trouve dommage d’être aussi beau, classe, sympa, et de ne pas en profiter. Mais sans le tennis, je ne serai plus tout ça. Je serai le ringard, le has been… Le décadent? Non, pas le décadent, je n’oserai pas. MotherMirka veillera. Avant ma résurrection, j’ai rêvé que je prenais de la cocaïne avec Martina Hingis, elle riait aux éclats et moi j’essayais, mais mes dents tombaient dans mon verre de vodka. Je me suis réveillé en hurlant, Mirka m’a promis que ça n’arriverait pas. Jamais. Que mes amis, ce n’était pas Martina mais Rafa, Stan et les autres. Et que je resterais près d’eux aussi longtemps que possible. Tennis.

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Commentaires : 2
  • #1

    Katharine Jeanbaptiste (samedi, 04 février 2017 07:28)


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