Rêverie post attentats de Paris

Vous rencontrer. Sur les réseaux sociaux, à la sortie de la mosquée, dans les rues où vous pourriez trainer. En choisir un parmi vous, dont j'aimerais les mains, par exemple, ou les yeux, la bouche, les cheveux, que sais-je. Je me déciderais un peu au hasard, un peu à l'instinct, et je viendrais te voir aussi souvent que possible, pour que tu t'habitues à moi, que tu parles d'autre chose que de guerre sainte. Tu ne pourrais pas t'empêcher de te réjouir de mes visites. Mon sourire te réchaufferait le cœur, davantage que tes projets de vengeance. Je laisserais mes cheveux entourer mon visage, frôler ma nuque et mes épaules, et tu ne penserais plus que je suis une dévoyée. Je te parlerais de liberté, mais pas de celle d'écraser ou d'humilier les autres. Je te parlerais de la liberté qui ne va pas sans égalité et fraternité. Nous serions frères humains et tu trouverais ça mieux que frères de djihad. Frères humains, tu saurais que ça signifie égaux, hommes et femmes, syriens et français, et que même si ce n'est pas tout à fait le cas, c'est quand même ce à quoi on aspire, en direction de quoi on a déjà fait de nombreux pas. Tu verrais que mes idéaux à moi sont élevés également, et qu'ils tendent vers la lumière quand les tiens se perdent dans les ténèbres. Tu oublierais tes 72 vierges là-en-haut, tu ne penserais plus qu'à moi, maintenant. A moi dont tu serais tombé amoureux au moment où tu aurais compris que je n'étais pas un être inférieur, à soumettre, à enfermer. Où tu ne verrais plus en moi une chienne d'infidèle, mais une femme à enlacer, avec qui marcher côte à côte, échanger des idées et des projets. J'aimerais être ta femme pour nous sauver de la haine. 

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