8 mars 2017

Chers hommes,

 

Il y a Trump et ses mesures anti-avortement, sa triste poupée de cire et de botox, il y a Poutine qui dépénalise les violences domestiques,  ces femmes de plus en plus voilées parce qu’elles y sont forcées, ou pour qu’on les laisse en paix, ce qui revient au même, il y a celles qui s’entendent dire qu’elles l’ont bien cherché, qu’elles n’avaient qu’à s’habiller autrement si elles ne voulaient pas se faire harceler, agresser, tripoter, violer, celles qui se font simplement siffler ou complimenter, dans la rue, et insulter lorsqu’elles ne remercient pas en retour, il y a ces salaires moins élevés que les vôtres,  ou alors les enfants qui nous font quitter le travail en toute hâte, parce qu’il nous reste tant à faire avec eux, pour eux, les tâches ménagères que nous ne partageons toujours pas... Et vous me manquez. Et j’ai envie de me consoler à tous ceux d’entre vous qui nous considèrent comme des partenaires, des sœurs, des amies, des mères, des ex complices, des femmes. J’ai envie de me consoler à vous qui prononcez ce mot, femme, avec respect, tendresse, admiration, désir, joie. Comme moi je dis homme avec respect, admiration, tendresse, désir et joie. J’ai le souvenir de nous qui avancions main dans la main, presque toujours, il n’y a pas si longtemps. J’ai le souvenir de l’égalité qui était tellement dans les faits qu’on s’en foutait un peu qu’elle le soit dans la loi. J’ai le souvenir de moi rentrant à deux heures du matin, court vêtue et entourée d’amis avec qui je refaisais le monde. Ou alors c’était un rêve ? Un désir si fort que je le prenais pour une réalité ? Je ne crois pas. Je sais que vous êtes très nombreux à être là, près de nous, à nous aimer et nous respecter, même si Lady Gaga ou Miley Cyrus jouent les salopes sur scène (non mais vous avez vu Dr.Dre ou Lil Wayne ?), même si certaines de vos ex-femmes ont remporté le pactole et monté l’enfant contre vous, même si on gueule ou on pleure quand on a nos règles, même si on vous saoule avec le partage des tâches, et que merde, vous avez quand même fait les courses il y a trois ou quatre jours, Cinq ? Non, tu exagères,  même si on se comporte au moins aussi mal que vous, par moments. Justement ! Nous nous ressemblons, nous faisons partie de la même humanité et il n’y a pas de raisons que nous soyons inégaux, divisés, opposés, séparés ou ennemis. J’ai envie de crier avec vous Tous ensemble, tous ensemble ouais lors d’un match de hockey, d’entendre un ami me parler de cette femme si sublime, ou une copine me raconter cet homme qui la rend folle. Tous ensemble ouais, pas les uns contre les autres. Ou seulement quand on fait l’amour.

Écrire commentaire

Commentaires : 0